Le dernier Souverain du double pays.

Ta Meri, Ta Seti (La Haute et la Basse Egypte).

 

Taharqa est le pharaon qui est généralement représenté avec la coiffe propre aux rois koushites, sur laquelle se dressent les deux uræus, insignes de la double royauté (Nubie et Égypte antique).

Taharqa, Khui-Tawy (celui qui protège les 2 terres)

 

Il est celui dont le règne marquera la renaissance mais aussi le véritable déclin des pharaons.

Taharqa, ainsi dénommé rétablira dans la 1ere partie de son règne l’unification des deux terres par le rituel articulé de la (Sema Tawy).

Réorganisant l’ensemble de la région en provinces, les contrôlant militairement, administrativement et économiquement assurant ainsi une nouvelle ère de paix et de prospérité autochtone, à la suite du chaos instauré depuis déjà deux siècles par des coalitions étrangères qui régnaient en petits royaumes dans le delta.

 

En souverain victorieux, il engagea des grands travaux ; restaurations et constructions de temples sur tout le territoire, dont le plus célèbre, le grandiose Gebel Barkal (au pied d’un promontoire rocheux), où se dressait le temple dédié au Amon (Imana) dominait tout le site de Napata.

Les africains la nommaient la Montagne sacrée.

L’imposant sanctuaire orienté Sud exerçait une indubitable fascination. La grande formation rocheuse naturelle en forme d’uraeus (cobra sacré) couronnée d’un disque solaire évoquait l’apparence protectrice du démiurge (Amon Ré-Atoum) le grand architecte de l’univers.

Une inscription recouverte de feuille d’or en son sommet laissait percevoir son éclat à des kilomètres à la ronde. On attribue à Taharqa de nombreuses autres édifications dans la région de Thèbes, Il fut le grand re-bâtisseur de la cité antique lui redonnant un aspect digne d’une capitale.

La période de la 25eme dynastie (-747 ; -656 av l’.E.O.) est communément surnommée en égyptologie « période de pharaons noirs » autrement dit consacrée aux règnes de souverains nubiens qu’on voudrait distinguer des pharaons égyptiens eux-mêmes.

Or il est notable de constater qu’à contrario de la dynastie d’époque tardive des « Lagides grecs », les souverains nubiens n’ont pas éprouvé le besoin de traduire les hiéroglyphes comme ces derniers, dans une langue supposément étrangère au peuple égyptien, mais se sont directement servi des caractères sacrés des Médu Néter (commun aux deux peuples) pour élaborer toute la littérature politique et sacerdotale.

 

Gebel Barkal sera le centre religieux le plus important du pays et restera pendant de nombreux siècles encore l’épicentre de rituels de couronnements et de royautés. Le clergé d’Amon et le pouvoir légitime qui avait fui la cohorte de traumatismes s’y était rasséréné.

 

A son couronnement à Memphis, Taharqa fit venir sa mère Abara, elle apparaît en gloire dans la scène de la première stèle de l’an 6, derrière son fils touché par « le très-haut » Amon. Elle porta plusieurs titres : mère du Roi (mwT-nswt), grande dame des Deux-Terre (wrt nbt tAwy); Noble dame (iryt pat) ; Grand de louanges (wrt Hzwt) et douceur d’Amour (bnrt mrwt).

 

L’omniprésence des dames de cour dans les documents socio-politique et cérémonies officielles fut essentiellement liée à leurs poids clérical et politique, annonçant par-là l’avènement des reines candaces, aboutissement du caractère théocratique de l’état.

 

Dans la seconde partie de son règne en (-671av l’.E.O.), Taharqa ne put empêcher une énième invasion assyrienne. Militairement plus fort, le roi Assarhaddon lança toute son armée contre l’Égypte, s’empara du delta, et assit son autorité jusqu’à Assouan. Taharqa dut alors se réfugier dans le sud d’où il garda un apparent contrôle sur la Haute-Égypte. Un nouvel empereur d’Assyrie Assurbanipal, arriva au pouvoir à la mort de son père, il étouffa toute rébellion en faisant exécuter les principaux chefs de Saîs. Un corps expéditionnaire mis à sac Thèbes (Ouaset). C’est acte, est le véritable repère Historique, qui marquera la perte de la capacité d’initiative du monde Noir.

 

Le nouveau roi plaça un suzerain au nom de Nékao 1er, à qui il confia les rennes du royaume. Cette nouvelle distribution politique ne changea pourtant rien aux ambitions du valeureux Taharqa qui tentait toujours de reconquérir le pays, mais hélas il mourut avant de concrétiser ce dernier rêve.

 

 

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