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  • mamadisidibe77

PEULS

Les meneurs de bœufs.

(CLXIV) Les Égyptiens sont partagés en sept classes : les prêtres, les gens de guerre, les bouviers, les porchers, les marchands, les interprètes, les pilotes ou gens de mer ; ils tirent leurs noms de leurs professions (..).

Hérodote (LIVRE II. EUTERPE)



Les Peuls dans l’histoire ancienne africaine sont les bouviers du delta de l’Égypte antique. Le Bouvier (constellation circumpolaire boréale) son étoile la plus brillante est : Alpha Böotis dérivé du latin Boötes et qui signifie « meneur de bœuf » l’anthroponymie des Peuls.



Le balemani :


Le balemani, récit typiquement africain, destiné à tracer l’origine et la généalogie d’une personne ou d’un peuple se rattache fidèlement à la parenté ancestrale puisqu’il y énumère les noms, échelonnés dans le temps et la chronologie. L’histoire vraie y est parfois farcie de légendes et d’évènements fabuleux. Plus communément, les Balemaniw renferment les fragments symboliques relatifs à la création du monde et de son organisation. C’est dire le caractère immémorial de ce type de conte.



Le Wâlo



L’histoire se passe dans le Wâlo (le delta du Nil), au pays de Heli & Yoyo (Prononcer Yoy')


« Rien ne manquait au pays d’Heli et Yoy’ ; fortune, bétail et céréales tout s’y trouvait en abondance. A l’horizon se profilaient les crêtes des montagnes dont les courbes s’enchaînaient et se chevauchaient harmonieusement. Les vallées inondables regorgeaient de grandes mares poissonneuses couvertes de nénuphars au fleurs épanouis. (..) Les collines boisées de myriades d’oiseaux venaient plonger leurs pieds dans les eaux. (..) Le ciel du pays de Heli & Yoy’ était semblable à la première salive de l’indigo, du bleu le plus tendre. Les femmes du pays réputées par tous très belles, portaient au cou une guirlande de fleurs de nénuphars qui ornait les tresses de leurs cheveux à l’occasion des fêtes ».

Amadou Hampaté Bah


Bas-relief : fresque de la tombe de Sennedjem " Scène de semaille et de labourage "



Du fait de leur vie pastorale les Peuls « aussi appelés Foulani, Fulbhés, Al’Pulaar »ont construit une identité qui les plaçaient sous le toit de la déesse ciel Nowt « Anouté ; la Mère du monde » et dont les repères demeuraient les points cardinaux et les astres.


L’idée d’une nature astrale du ciel demeure un principe éminemment négro-pharaonique.

Le ciel de Kemet se prêtait admirablement à la contemplation, le nombre colossal de constellations visible à l’œil nu à amener les africains, des plus hautes époques historiques à inscrire la philosophie dans le ciel.





Du pastoralisme des peuls est née une science ésotérique détenue par les « silatiguis » les maitres bergers de l’initiation paysanne, dont la structure traditionnelle se trouva être une société à « Base 4 », quatre comme les quatre coins cardinaux, atout essentiel de la cohésion sociale.


QUATRE « c’est le chiffre de la quadrigémelléité » qui instruit la notion de mariage dans nos langues, c’est le chiffre qui détermine chaque Mountou (l’Être conscient) « symboliquement les 4 éléments fondamentaux, qui dans nos visions cosmogoniques forment la personne complète (l’anthropos) caractère de ce qui est complet ».


La construction de l’identité première des Fulbés (hommes libres) doit s’appréhender dans le contexte de son inspiration originelle. L’homme en harmonie avec la nature à partir de laquelle il trouve son activité (élevage) et sa raison de vivre


(la vache comme offrande divine, le symbole d’Hathor).






Autrefois, réparti en quatre grands clans ou yettoré (noms sociaux en Al’Pulaar), chacun d’eux s’adjoignait un point d’horizon - un élément de la force vitale de la nature et une robe de bovidé auquel il était identifié. Ainsi :

– Le clan Ba était associé à l’ouest, à l’air et à la vache rouge « woodeeye ».

– Le clan Bari était associé au nord, à la terre et la vache blanche « raneeye ».

– Le clan Jal ou Jallo était associé à l’est, au feu et à la vache jaune « oole ».

– Le clan Soh était associé au sud, à l’eau et à la vache noire « baleeye ».

Le matriarcat « avant islamisation » était la base du système social Peul. La femme était au centre de toute filiation (don ou succession) comme il en fut d’ailleurs partout dans l’Afrique immémoriale, où on n’héritait pas de son père, mais bien de son oncle maternel.



Le professeur Cheikh Anta Diop précisait : « de nombreux pharaons Nst Bwty seraient issu de ce peuple né d'un métissage d'autochtones africains d'avec des éléments sporadiques leucodermes en situation de minorité raciale (défaits et laissé libre) dans le Delta au sein d'une population égyptienne culturellement négro-africaine ».


Ainsi, Séthi (-1294 à 1279 AD) militaire égyptien simple commandant de troupes, se trouva être l’arrière-grand-père de Ramsès II. De sorte que le grand père de Ramsès II, Ramsès Ier, fils de Séthi (lui-même simple officier de char et descendant d'affranchis étrangers du Delta) dû être copté par Horemheb pour lui succéder sur le trône d’Égypte.




(-1040 AD) les débuts de l’exode des bouviers du delta du Nil à la région de l’Adamaoua du Cameroun actuel.



Instaurateur à Tamery d’une monarchie dominée par la théologie thébaine (sous la XXIeme dynastie) - le Fari Psousennès sera l’instigateur de l’exode des Peuls, en considération des nombreuses transgressions morales « suscitées d’une déviance d’orgueil dont ils s’étaient rendus coupables » se verront chasser à jamais de la terre sacrée de Kémét.




Ce stigmate le (Njeddo Dewal) « Mère de la calamité » est instruit dans le cercle initiatique Peul, afin qu’aucun n’oublie les éléments lointains qui ont causé leur ruine.

On y enseigne aussi que « Le lion » est l’animal rédempteur qu’on n’ose à peine nommer tant on le craint.


« Le lion » métaphore de l’épreuve est la voie d’accomplissement que chacun doit affronter au cours de sa vie.

(..) Le chemin pour atteindre la connaissance est comme une prairie mythique que l’on parcourt en traversant successivement des clairières, chacune ayant une couleur de l’arc-en-ciel par laquelle on fait la preuve de son appartenance au monde de la justice opposée au désordre moral, par la proclamation des valeurs de la Pulaaku.


L’arrivée dans le Manden septentrional (Fouladougou) des principales colonies Peules fut l’une des conséquences directes de leur nomadisme pluriséculaire depuis leur dispersion de l’Égypte.

Implantation Peulh au XVIIIe siècle, à la formation des empires de Macina et du Sokoto.


La création tardive de ces empires resserrés, ne doit pas masquer le climat de troubles « razzias négrières » qui essaimaient partout sur le continent depuis l’effondrement des grands royaumes impériaux ouest africain, à la suite de la bataille perdue de « Tondibi en 1591 ».




La région de l’Adamaoua reçu son nom au XIXe siècle de son conquérant Peul, le Lamido Modibbo Adama qui y dressa sa capitale à Yola de l'autre côté de la frontière nigériane.  





L’Adamaoua fut assurément l'une des plus belles provinces de la Nigritie d’alors (elle s’étirait aux frontières du Soudan, du Tchad, du Niger et du Mali actuel) : Traversée de zones montagneuses peu élevées délimitées par des massifs forestiers au sud et des savanes au nord. L’Adamaoua, parcourue de nombreuses rivières le long de vallées fécondes, rendaient la vie pastorale champêtre et bucolique, gras pâturages végétation luxuriante à l’égard desquels, papayer, pandanus, baobab, bombax, élaïs et bananiers s’y déployaient langoureusement.


L’Adamaoua est resté un important centre du négoce régional, passage obligé du commerce routier entre les grandes bourgades du sud et celles du grand nord.



Les Peuls y vivront ainsi essentiellement de l'élevage jusqu’aux renversements de la domination coloniale.



« Les principes proclamés de Souleymane Baal » figure révolutionnaire du Fouta Toro, Souleymane Baal lança en 1776 un grand mouvement de réforme en créant un État théocratique mahométan fondé sur un idéal de justice pareille à la « Maat » ancestrale.


Et Le baron Rouget de Lisle d’écrire en 1825 : « - rien ne pourrait ôter de l’idée des Foulhs « Foulbé », quand se défendant contre la traite des noirs, les européens aient été déterminés par leur exemple. Ils sont fiers de nous avoir devancés dans la carrière de la raison, de la justice et de l’humanité.



Le bouvier, n’est pas seulement ce berger ordinaire, destiné à mener ses bœufs devant lui. Il est avant tout ce veilleur soucieux qui a la charge de maintenir dans un dialogue secret « les mouvements des équipages célestes » dans un cercle éternel autour de l’étoile Sirius - Sigui Tolo.



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