La Reine Makéda.

Préambule :

« De l’état social de l’homme ou vue philosophique sur l’histoire du genre humain »

(..) En ces temps-anciens, la Race noire nommée Sudéenne en raison de son origine équatoriale existait dans toute la pompe de l’Etat social. Elle couvrait l’Afrique entière de nations puissantes émanées d’elle, possédait l’Arabie, et avait poussé ses colonies sur toutes les côtes méridionales (..).

Antoine Favre d’Olivet

 

Le fabuleux royaume qui prolonge notre introduction « Le royaume de Saba », appartint à la plus puissante nation de l’Arabie historique, les sabéens, était dirigé par une lignée de reines « sur la base du matriarcat » comme il en fut cas avec les reines de l’Ethiopie ancienne comme Kush, et Axum. Piliers identitaires de la nation, adorées, ou parfois craintes, elles suscitaient l’admiration des hommes dans les sociétés africaines anciennes.

 

Makeda « Reine de Saba », fille d’Akebo et de Bilqîs, régissait un vaste royaume qui s’étendait dans l’Arabie fertile, depuis le sud de la péninsule jusqu’aux rives et contreforts de l’Érythrée actuel.

 

Les souverains étaient appelés Mukarribés (prêtres-rois) pareil aux institutions des prêtres rois de la vallée du Nil, où (pharaon) lui-même était prêtre SaRa. D’où le titre de (Fils ou Fille de Ra) car le pouvoir était considéré comme fonction sacrée.
Le culte avait un caractère astral et solaire très marqué : Tout souverain semblable au soleil « Ra » dans une relation biomimétique, était celui qui assemblait tous les éléments collectifs de la nation pour les diriger dans une organisation unificatrice harmonieuse et ordonnée.

 

Très tôt dans son enfance Makeda, perdit sa mère, et avait dût se résoudre à fuir devant l’existence d’un péril, dont elle n’en n’effaça jamais le souvenir.

Son père ne se remaria point afin de lui léguer tantôt le trône. Ce qu’elle fit dès l’âge de ses 20 ans malgré cela avec toute la déférence qui sied aux grandes reines. Elle gagna une telle réputation que sa prospérité dépassa bien vite les « murs » du royaume. Réputation qui s’étendra sur des siècles par-delà les contrées les plus éloignées, où jusque dans la Rome antique on continua de se l’a remémorée sous l’expression d’Arabia Felix « l’Arabie heureuse ».

 

À l’intérêt collectif de l’État déjà mentionné, le royaume de Saba contrôlait la partie sud des voies maritimes en Erythrê thalassa, et régentait du côté du golfe d’Eden les activités d’échanges des circuits de cabotage. Toutefois, le royaume ne se réduisait pas à sa seule frange maritime et aux produits venus par la mer, il connaissait aussi une intense fréquentation de routes caravanières par l’ouest principalement à travers la partie septentrionale des monts Sarawat, en direction de l’oasis de Teima vers l’extrémité du golfe d’Aqaba et de la région de Pétra (au temps de l’extraction des mines de cuivre), carrefour du lucratif commerce entre l’Égypte et la Phénicie voisine.

La caravane était indissociable des routes commerciales, charriant dattes, plaques de sel, aromates, étoffes, encens, et une quantité infini d’autres précieuses denrées. Les pas lents des dromadaires nouaient l’inlassable lien entre les différentes cités.

 

Tour à tour palpitante de vie ou tantôt assoupi sous la torpeur des nuits étoilées, la citadelle de Marib « capitale du royaume de Saba » se dressait devant le voyageur comme le songe incarné d’une fable enchantée.

Densément disposés, un entrelacement de tours à multiples étages perçait la ligne d’horizon.
D’embellissant jardins, terrasses entre les bâtisses en pisé rougeâtre et briques cuites ocre, finissaient d’apporter à l’ensemble un éclat solennel.

À l’intérieur des remparts çà et là dans les échoppes bigarrées et bruyantes, les étals de feuilles vertes de « qat » faisaient l’enjeu d’âpres marchandages.

L’usage de l’incomparable café à la cardamome semble être apparu dans ces époques.

 

 

Tout un chacun se faisait de l’hospitalité un modèle de fierté revendiquée. Les règles de fonctionnement de la société Sabéenne était bâti sur l’idée de l’association initiatique « écoles du savoir, transmission des rites et des connaissances ». Les usages sociaux étaient emprunts de la tradition MAATique « analogue à la MAAT égyptienne », c’est-à-dire loin des contingences matérielles.

La reine, gardienne et guide des institutions, et des pratiques spirituelles, fondait toutes décisions guidées par une optique liée à la sagesse.

Elle était le porte-parole de la « vérité justice ».

Tout souverain, prêtant serment de sagesse perpétuelle au service de la communauté.

 

La très grande beauté de Makéda, ne le cédait en rien à la sagacité de son discernement. Et son aptitude à toujours rester humble, subjuguait tous ceux qui la confrontaient.

 

Tant d’émissaires rapportèrent tant d’anecdotes et de récits romancés, dans lesquels on lui attribua tant de dénominatifs « Reine du Midi », « Reine aux mille fables » que l’on ne sait dorénavant séparer le mythe de l’histoire.

 

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