Le temple d’Isis

L’ile de Philae, ville de la Nubie antique en -270 av l’(E.O.) au cours de la période d’occupation étrangère de l’Égypte voisine par les souverains Lagides.

« Au milieu des eaux du Nil s’élève le plus fameux des sanctuaires d’Isis. Femme, Épouse, Mère, Magicienne et Salvatrice, la déesse se trouve au centre du grand mystère de la vie et de la mort qui aboutit à la résurrection »

                                                                                                                                 Christiane Desroches-Noblecourt.

 

Ta-Nehesy (la terre des Nubiens riverains).

Le Nil, étire depuis sa 1ère cataracte autour d’Assouan (au Nord) des étendues d’eaux de rapides de rivière (peu profondes ou parfois vives) jusqu’aux terres lointaines méridionales de Khartoum plus au Sud.

Le temple d’As.t « Asseta » se dresse à Philae ville sainte et sanctuaire majeur dédié au triomphe de la femme (incarnation du Féminin Sacré dans la longue tradition des sociétés matriarcales africaines) avait des origines Nubiennes, son culte dépassait de loin les frontières de la Nubie et de l’Egypte ancienne.

Selon la légende, Isis engendra Horus, fils d’Osiris, sur la colline émergée, dont le domaine se situe en face, sur l’île de Senem.

 

Temple d’Isis

   

 

Asset Kemet Néferet, « L’Épouse Noire et Belle » fut appelée par de nombreux noms en dehors de l’Afrique.

Isis, héritage du culte ancien « d’Hathor » déesse de la fertilité, Gardienne des Mystères divins et des Savoirs fondamentaux, donna la femme noire « Assetou » à Kémet et au reste du monde.                    

Une sentence ancienne rappelle, qu’il n’y a pas d’initiation sérieuse sans Isis, car elle est « celle à qui nous devons le Renouvellement des mystères de la création de la vie et de la naissance ». 

 

Figure primordiale des « Vierges noires » le culte isiaque, prototype du culte catholique de Marie, sera en butte à partir du 4eme Siècle de (l’E.O.) aux attaques officielles de Rome.

 

« De la civilisation nubienne naît la civilisation de l’Egypte ancienne ».       

Les symboles les plus importants de l’autorité royale sont, dans ces époques « les cérémonies
religieuses ». L’ordonnance de la liturgie quotidienne y est prédominante. Dans leurs temples les Kher Sesheta « ceux qui veille sur les mystères » enseignaient les fondements absolus de la spiritualité.

 

Les fidèles y étaient admis dès la première heure du jour, puis une fois dans l’après-midi et enfin au moment de la fermeture solennelle des temples.

 

Érudits en astronomie, en mathématique, et en philosophie les Kher Sesheta, dirigeaient les rites dans la concordance harmonieuse de l’équilibre réciproque des éléments. Ceux, rompus à la médecine légiste pratiquaient le Karast ou l’extrême onction lors des préparatifs Osiriens d’embaumement des défunts.  

Rite funéraire du Karasata

     

Cheikh Anta Diop nous apprend que : Le terme, Karasata ou Karast ; (KRST celui qui porte l’Esprit de Dieu, devenu Christ) est issu de l’expression négro-pharaonique Kher Sesheta.

Philae fut l’ultime lieu in-situ du culte de la déesse ; L’antique tradition éthiopienne s’y maintint sans interruption jusqu’au VIème siècle de l’(.E.O.), Blemmyans et Nobadiens refusant tous malgré les persécutions de se conformer à la nouvelle vision religieuse de Rome.

 

A la seule fin de supprimer le dernier carré de fidèles encore attachés au Culte Isiaque, l’empereur Justinien conduit par des troupes de croisés venue de Byzance ordonna la fermeture du grand temple en l’année 550 de l’(.E.O.), c’était là, la certitude d’engloutir sous l’encre d’un décret une tradition qui avait animée la vie politique et religieuse des Hommes
durant des millénaires.      

 

 

La Nubie désormais annexée (déjà plus de 200 ans) était devenue Chrétienne sous l’autorité de l’empire Romain de Théodose 1er.

Il faut savoir que la dernière inscription hiéroglyphique connue à ce jour date précisément du 24 août 394 l’(E.O.) ; elle émane du scribe Akhom.

 

Porte d’Adrien

 

On postule que c’est à la mort de ce dernier que les clés de lectures des « Medu Neter » les caractères hiéroglyphiques se perdirent.