Le sceptre et les codes des mystères.

« Sociétés traditionnelles africaines à travers, massues, sceptres & bâtons. »

Les éclairages dans cette dimension sociale entre Égypte ancienne et Afrique contemporaine sont réciproques.
Tout est symbole dans la société ancestrale africaine, rien n’est le fait du hasard.

Toute chose a une signification qui vise un objectif déterminé quant à son mode d’utilisation. C’est à-dire que le pratique, le formel, le symbolique ou le magique sont inextricablement liés.

La mise en évidence du caractère systématique de parenté entre vallée du Nil et les aires civilisationnelles des peuples noirs aujourd’hui, oblige à écarter les hypothèses fortuites tant elle peut servir de système de référence réciproque.

Bâton de la reine avec ces 3 pyramides superposées, son rôle d’état supérieur au grand prêtre dans sa charge.

Approchons les bâtons et autres sceptres de l’Afrique traditionnelle & ancestrale.

La plus ancienne parait être « la Massue égyptienne à tête piriforme », on la retrace déjà au nilotique primitif vers le 7eme millénaire (av l’E.O). Elle était à l’origine instrument de pêche des populations lacustre et servait à fracasser le crâne des grands poissons des grands lacs.

« La Massue » sera brandit comme symbole d’autorité impériale par les souverains de la période Thinite. Période qui s’ouvrira aux alentours de (-3300 de l’E.O).

ci-dessous la palette de schiste dite « Palette de Narmer » Naré Mari, à la gloire du « Premier Roi de la terre », comme aimait à le rappeler le professeur Cheick Anta Diop.

 

Néanmoins, le bâton le plus emblématique reste incontestablement le sceptre « Heqa », celui-ci renvoi à un objet courbe.

Comme le rend encore très explicitement la langue actuelle « Al Pulaar » langue maternelle des peulhs mais aussi langue vernaculaire pour bien d’autres groupes sociaux de la sous-région, permet de confirmer ce sens symbolique, où Hoggo (le Q se réalisant en G) signifie ‘’ bec ’’ et hog à le sens de ‘’courber ’’ (comme un bec).

 

Hoggo donnera par extension ‘’gouverner, soumettre ’’ parce que le bâton, outil pastoral à l’origine permettait aux bergers semi-nomades du proto-sahélien de ramener (les brebis égarées), d’où l’idée de pouvoir qui s’en dégageait.

C’est cette relation qui fixera la notion  de « Roi » comme étant le Berger gardien du troupeau de Râ.

 

 

Mais les convergences ne s’arrêtent pas là, pour Yoro Dyao : illustre chroniqueur sénégalais dont les nombreux cahiers anciens constituent la source principale de la tradition historique des populations Wolofs précise ceci : « – Les poularophones du Fouta-Tooro font remonter leur première dynastie, celle du Tekrour à celles des Jaa-Oogo qui arboraient aussi le sceptre Heqa et dont l’origine s’établit en Egypte ».

Le terme « Oogo » avait aussi pour sens « le fait d’être chef ». C’était autour de lui que gravitait l’univers dogon. Son pouvoir temporel « Clé de voûte céleste » lui fut retiré au profit d’auxiliaires chefs de canton à l’avènement des forces coloniales en Afrique.

Jaa-Oogo en pays Dogon

Mais plus généralement et dans toutes les langues africaines, le sceptre « Heqa » et ses variantes phonétiques font apparaître que : les mots du « bâton » sont aussi les mots pour le « chef, le dirigeant, le guide spirituel ».

Dans la langue Bassa néga conduira au mot negāš en Tigrinya (langue de la corne de l’Afrique), et qui parfois en Amharique sera retranscrit par Négus, le titre de Noblesse éthiopien, équivalent pour « roi ».

Toutefois ce titre Négus ne doit pas être confondu avec celui de Negusse Negest le « Roi des Rois », que prit lors de son sacrement Haïlé Selassié Ier en 1930.

La tradition historique retient que ; le bâton à bec « symbolique de l’ibis » fut de tout temps le bâton de l’enseignant ou « bâton du savoir », arboré par la personne la plus respectée dans l’organisation sociale africaine.