« Le plus estimé des lieux ».

L’histoire de ce lieu vénérable, doit nous ramener à cette considération ; nous nous trouvons ici en présence du plus haut magistère de la spiritualité sacrée négro-africain antique.

 

La construction d’Ipet Sout [Karnak] « Le plus estimé des lieux » fut commencée sous Séma Wousi Ré 1er (-1926 av l’E.O) que les grecs anciens nomment Sésostris 1er. Il se situe sur un vaste plan d’édifice de plus de 2 km2 au Sud de l’Egypte à Thèbes (Ouaset dans nos langues). Ipet Sout est 5 fois plus grand que l’actuel Vatican. Plus d’une trentaine de rois l’auront enrichi sur une période de plus de 1500 ans.

Le site (vitaliste) fut le plus grand site « religieux » de la plus haute antiquité traduit un précepte philosophique multimillénaire pour lequel le vivant ne se résume pas aux lois physico-chimiques et consacre « la toute-puissance de l’esprit sur la matière ».

Ipet Sout fut surtout connu pour abriter le clergé du grand ordre initiatique « Kongo ». La Spiritualité kongo est une spiritualité sacrée, connectée aux nombres à la musique et à la géométrie « l’harmonica céleste » comme le prolonge encore l’Afrique traditionnelle essaimée partout sur le continent depuis la cuvette congolaise des régions des grands lacs, du sud austral, à la bande soudano-sahélienne, à travers les confréries initiatiques secrètes (Komo, Ko’Ngo, Ogboni, etc..). Où le prêtre (le Mbock) est un initié détenteur de connaissances. Celles de la maitrise des sciences mathématiques (le mot est tiré d’un héritage éducatif collectif « Mate Mata » qui donnera en grec ancien mathêmata, traduit par ce qui peut être enseigné) principalement ici, les notes sonores et les chants « Les portes essentielles des dimensions subtiles de notre être ».

[Mérout-n’-Maât] « L’amour de la vérité, du savoir ». La philosophie en Afrique ancienne […] n’impliquait pas le « savoir » comme finalité : car un « savoir » qui n’était pas appliqué n’avait guère d’intérêt, puisqu’il s’agissait avant tout de transformer nos vies [Kheper] par le moyen de se réaliser en y assurant l’intérêt collectif.

Ce qui veut dire que la spiritualité africaine ne peut pas se percevoir à travers une vision religieuse des choses. On ne peut y avoir accès que si on n’est fondé sur la maitrise des sons du Nza (du cosmos) intrinsèquement liée au principe universel et civilisationnel social MAAT (qui a pour objet de ramener l’ordre et l’équilibre en toute chose) codifié dans un langage lié à une pratique initiatique.

C’est à cette raison principale que « Le plus estimé des lieux », portait le titre conventionnel suivant :

« Méthode correcte d’investigation de la nature (toute chose divine) par la puissance du nombre, afin de connaitre toutes les lois à travers ce qui existe, chaque mystères et tous les secrets, secrets eux-mêmes à l’origines des mystères ».