Chevalier et poète du désert.

De son vrai nom Antarah ibn Cheddad Shaddâd al-’Absi ;

dit « Antar le Lion ».

Période de l’Arabie préislamique (appelée jahiliya). Antarah a vécu de 525 à 615 de (l’E.O.).

Sa bravoure légendaire, son esprit chevaleresque, sa noblesse, sa générosité et la perfection de ses vers, hissent Antarah au rang des plus grands poètes et héros du monde arabe.

Antarah est né d’après les récits populaires d’une servante abyssinienne  nommée Zébiba (en fait princesse Axoumite faite captive lors d’un des raids contre sa tribu). Ce qui lui valut le mépris auquel il ne put échapper (parce qu’esclave).

Mais Antarah montra tant de bravoure et de générosité, ce qui lui permit, de pouvoir séduire Abla, (la chaste et ravissante fille de son maître), dont le cœur lui avait été longtemps refusé en raison de sa peau noire.

« (..) On me reproche ma noirceur ; moi, je m’en glorifie ! »

 

 

Trop longtemps on a voulu faire croire que la présence d’Africains de part cette région du monde ne résultait qu’exclusivement de l’esclavage, alors qu’en réalité elle est due en grande partie à un peuplement migratoire sur des terres alors inoccupées.

Toute la région du croissant fertile et de l’Arabie antique sont historiquement les territoires des civilisations des peuples noirs africains et comptées telle quelle sous les dénominations suivantes (Cananéens, Phéniciens, Colches, Erembès, Sabéens, Jébuséens, Zanjs, etc.), avant implantations des populations indo-asiatiques.

 

  

« L’histoire d’Antarah et d’Abla a été brodée dans une saga poétique traditionnelle »

Tant sa célébrité perdura dans tout l’Orient antique comme, « le Guerrier » intrépide et vaillant, et auteur d’un des sept Mu’allaqāt (ensemble de qasidas littératures préislamiques) jugées exemplaires par les poètes et les critiques arabes médiévaux.

Son intrépidité et son courage fut le sujet favori des plus anciens poètes. Le khalife Abbasside Harun-al-Rachid, prit pour résolution de rassembler toutes les traditions orales (à son sujet) pour en faire un corps d’ouvrage en prose, mêlé de stances lyriques, sous le titre « Le Diwan d’Antarah » dont une grande partie décrit son comportement et sa bravoure au combat.

Sa maison et son écurie furent particulièrement légendaires.

« Fa-ta-Ya » terme arabe qui signifie « surpasser quelqu’un en générosité et en qualités mâles » traduit en persan par « jawanmardi », sera rendu en français par « la chevalerie » et certains historiens considèrent d’ailleurs Antar comme étant le père des codes                                                                                                                  de la « chevalerie ».  

Extrait : « Le cœur du héros est plus ferme que le roc ; sa lance accomplit les arrêts du destin ».

« C’est moi qui suis le vrai lion, le héros que redoutent les guerriers au jour de la bataille (..) »

Faisant du « livre d’Antar » un des plus anciens et des plus précieux, monuments de la littérature arabe, tant il nous renseigne sur une foule de faits et d’opinions dont l’origine est antérieure à l’Islam.

Poème :

 

 

« La moitié de ma personne est du plus pur-sang de la tribu d’Abs; l’autre moitié, j’ai mon sabre pour la faire respecter. « Quand nos guerriers en péril faiblissent et se regardent stupéfaits, alors on trouve que je vaux mieux que ceux dont les oncles paternels et maternels sont de haute et noble lignée. »

 

Notamment la tribu nomade d’Abs et d’Adnan, la plus puissante et la mieux gouvernée au sort de laquelle le Héros Antarah fut étroitement liée. Leurs descendants actuels sont les Bani Rasheed qu’on retrouve essaimés dans toute l’Arabie centrale.